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Né en banlieue parisienne, Orlando tente de faire croire depuis 43 ans qu’il a naturellement l’accent italien. Son père Luigi l’avait, lui, quand il quitta ses Pouilles natales pour l’eldorado Boulogne-Billancourt où il assembla tour à tour 4CV, Dauphine, Renault 30 puis Super 5, pour finalement mourir d’un arrêt cardiaque alors qu’il fixait les essuie-glaces d’une Laguna.
Lui qui voulait être inhumé dans le caveau familial, au petit cimetière de San Severo, n’a pas pu réaliser ce rêve. Faute de moyens –chômage consécutif à un licenciement pour faute grave- Orlando privilégia la crémation. Les cendres de Luigi furent dispersées par ses anciens collègues, survivants de l’amiante, non loin d’une chaîne de montage de Kangoo.
Orlando, cœur tendre, tremble encore quand il évoque la mémoire de ce courageux ouvrier alcoolique et violent, ou quand il écoute son double CD best of Italia mi amor , qui compile les plus grandes performances vocales de chanteurs massivement belges. Parfois, il regrette d’avoir le dos intégralement recouvert par le visage de Claude Barzotti, idée-tatouage saugrenue, erreur de jeunesse.
« La pasta est buona. »
Depuis quelques années dirigeant au sein du Football Club US Ville d’Avray, Orlando ne fait pas l’unanimité dans l’équipe de mini-poussins qu’il entraîne le mercredi après-midi. Et s’il a cessé d’inciter ses poulains à faire usage de produits dopants, il continue à organiser des paris sportifs bizarres dans le club House (un but égale un Pépito).
Certaines rumeurs font également état de « gestes déplacés ».
Surveillé de près par la Ligue départementale, Orlando sent bien que sa vision du coaching n’est pas appréciée à sa juste valeur : s’il a fait de son fils Jérémy un titulaire indiscutable à la pointe de l’attaque, c’est que l’enfant de six ans et demi faire peur aux défenses adverses, grâce à ses 94 kilos.
Son petit Baggio.
Fraîchement divorcé, Orlando n’a rien perdu de sa superbe. En revanche, il a perdu tous ses cheveux. Dragueur rusé, il enflamme la piste du Caesar Club de Suresnes, chemise jaune entrouverte, béante, humide, chaussures en reptile. En raison de sa grande notoriété (le physio, Abou, est un ami), Orlando trouve difficilement cinq minutes pour chier. Car le charme italien et l’odeur du Axe Temptation agissent vite sur les chaudes quadragénaires des Hauts-de-Seine, le plus souvent esthéticiennes.
Comme spaghetti ou ravioli, l’étalon Orlando envisage le terme sodomi comme intrinsèquement pluriel.
Au cours des vingt dernières années, Orlando n’a pleuré que deux fois :
-quand Zidane a mis le coup de boule.
- une simple surdose de peppéronis.
Olando n’ignore pas qu’il porte le même prénom que le célèbre impresario égyptien. Il estime que celui-ci est un gros pédé.